Beaux textes (extraits) ou réflexions à l'intention des grands

Pourquoi est-il nécessaire "d'apprendre à faire ensemble, à coopérer, à "jouer collectif" ?
"Pour mieux entrer dans les apprentissages. le collectif va agir sur la motivation des élèves. Il y a trois besoins psychologiques importants pour soutenir la motivation: le besoin d'autonomie, de compétences et d'affiliation.
La coopération est "efficace" pour motiver les élèves, apaiser le climat de classe et créer une dynamique de groupe." Sébastien Pesce, professeur de sciences de l'éducation à l'université d'Orléans.


Les vertus de l’ennui, notamment d’un point de vue cérébral.
Pourquoi faut-il laisser les enfants s'ennuyer?

Pour Erwan Deveze, consultant en neurosciences, l'ennui est nécessaire dans le développement cérébral de l'enfant , il participe à sa construction.
Le cerveau se nourrit de la nouveauté, il se détruit de la routine mais il ne peut apprendre en permanence sinon il est en surcharge, il a besoin de temps de repos, de temps de régulation émotionnelle. L'ennui est une fonction très naturelle, cela permet au cerveau de reprendre un peu d'oxygène mais aussi de se projeter dans d'autres dimensions, d'anticiper, créer...
Dans une activité cognitive , vous êtes dans l'immédiateté, vous allez apprendre, jouer mais quand vous êtes dans une activité non cognitive en apparence l'ennui, vous allez être plus créatif, anticiper. ce n'est pas du temps perdu, il faut trouver un bon équilibre entre les phases cognitives et non cognitives.

L'ennui permet à l'enfant de développer ses propres capacités de manière autonome et c'est lorsque l'enfant s'ennuie que l'on découvre ses centres d'intérêt préférés.

Quand votre enfant s'ennuie, il remplit "son coffre-fort de l'imaginaire"(Gaël Faye)
Gaël Faye écrivain, auteur-compositeur-interprète, auteur de L’ennui des après-midi sans fin (ed. Les Arènes)

« Grandir, entre ennui et surstimulation, quelle place pour l’autonomie et l’imaginaire ? »


Selon la psychanalyste Etty BUZYN, l'ennui est nécessaire à la construction de l'enfant, c'est une réserve pour accéder à l'imaginaire et à la créativité.

Cela permet à l'enfant d'apprivoiser sa solitude, il décide de lui-même ce qui l'interesse, il développe ses capacités créatives...



Pour Patrick Lemoine psychiatre, docteur en neuroscience, l'enfant doit aussi apprendre à avoir des émotions négatives comme la tristesse, la frustration, il doit apprendre à les accepter pour bien grandir.
On ne peut pas enlever toutes les frustrations dans l'apprentissage.

Pourquoi réinventer le monde avec les enfants:

"Pour G.Bachelard, « l’imagination n’est pas, comme le suggère l’étymologie, la faculté de former des images de la réalité; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. »


Ainsi, par un travail d'imagination, l’enfant va transformer les images qu’il connait afin d’inventer un monde qui est sien. L’imagination serait donc la capacité à se libérer des images du réel, pour les réinventer. 
D'ailleurs, les neurosciences ont démontré que la perception visuelle, la perception auditive et l'imagination mobilisaient les mêmes parties du cerveau. Comment alors distinguer le réel de l'imaginaire ? 


L’imagination permet d’appréhender le monde qui l’entoure et de se l’approprier entièrement. 
De la même façon, ce travail d'imagination rend possible la projection de l’enfant dans une vie future, voire dans une autre réalité." LE MUZ


"Les mythes et légendes font  partie d’un imaginaire collectif. Ils sont un moyen, pour l’enfant, de comprendre le monde qui l’entoure puisqu’ils répondent à un certain nombre de questions qu’il se pose sur l’existence. 
C.Levi-Strauss écrivait d’ailleurs « J’ai acquis un sentiment très aigu que le mythe n’est pas une fabulation gratuite, une création libre de l’imagination, mais qu’il colle d’extrêmement près à tous les détails, en apparence insignifiants, de l’existence pratique. » L’enfant s’identifie alors dans les sentiments, les peurs et les questionnements des héros mythologiques." LE MUZ

"Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, lire c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous, de n'être que soi." Serge Joncour

Un jour, dit la légende amérindienne, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes d'eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit: " Colibri! Tu n'es pas fou? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu!" Le colibri le regarde droit dans les yeux et lui répond:"Je le sais, mais je fais ma part."

"Pour que la ville ou la montagne ou le rivage dise quelque chose, qu’une place nous y soit ouverte, ils doivent raconter des histoires. Sans récits, le monde resterait là, indifférencié ; il ne nous serait d’aucun secours pour habiter les lieux où nous vivons et construire notre demeure intérieure...
Toutefois, pour que les mots de la littérature, le langage de l’art ou de la science rendent le monde plus habitable, il faut déjà d’autres paroles, celles d’un passeur qui vous accueille, qui vous écoute et qui rêve le monde avec vous. Qui sache offrir les choses poétiquement, inspirer les récits que chacun fera de sa propre vie, nourrir la pensée, former le « cœur intelligent » pour parler comme Hannah Arendt qui aurait ajouté qu’il faut transmettre le monde aux enfants, leur apprendre à l'aimer, pour que plus tard, ils désirent en prendre la responsabilité."
Michèle Petit



          Quand je suis parmi vous,
                                 arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
  Dans votre solitude où je rentre en moi-même,"
       Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute
                                                                  et qui m'aime !
Victor Hugo," aux arbres"

"Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"
Antoine de Saint-Exupéry
                                                         
"La relation avec la nature est décisive dans le développement de l'enfant.
Avec elle, il apprend à comprendre et à apprivoiser le monde plutôt qu'à lui faire violence.
Il apprend la patience et le respect de ce qui lui résiste. Il se dégage de la toute-puissance pour accéder à des relations vraies avec les objets et les personnes. Il perçoit la solidarité fondatrice qui unit les humains avec la planète et les humains entre eux."
Philippe Meirieu

A Boat Beneath a Sunny Sky
BY LEWIS CARROLL  

A boat beneath a sunny sky,
Lingering onward dreamily
In an evening of July —  

Children three that nestle near,
Eager eye and willing ear,
Pleased a simple tale to hear —  

Long has paled that sunny sky :
Echoes fade and memories die :
Autumn frosts have slain July.  

Still she haunts me, phantomwise,
Alice moving under skies
Never seen by waking eyes.  

Children yet, the tale to hear,
Eager eye and willing ear,
Lovingly shall nestle near.  

In a Wonderland they lie,
Dreaming as the days go by,
Dreaming as the summers die :  

Ever drifting down the stream —
Lingering in the golden gleam —
Life, what is it but a dream ?


Un bateau, sous un ciel d'été,
Sur l'eau calme s'est attardé,
Par un après-midi doré…  

Trois enfants, près de moi blottis,
Les yeux brillants, le cœur ravi,
Écoutent un simple récit…  

Ce jour a fui depuis longtemps.
Morts sont les souvenirs d'antan.
Dispersés au souffle du vent,  

Sauf le fantôme radieux
D'Alice, qui va sous les cieux
Que le rêve ouvrit à ses yeux.  

Je vois d'autres enfants blottis,
Les yeux brillants, le cœur ravi,
Prêter l'oreille à ce récit.  

Ils sont au Pays Enchanté,
De rêves leurs jours sont peuplés,
Tandis que meurent les étés.  

Sur l'eau calme voguant sans trêve…
Dans l'éclat du jour qui s'achève…
Qu'est notre vie, sinon un rêve ?

D'après Camille Lefrançois, chercheuse en neurosciences, le coloriage de mandalas , ces dessins géométriques dans des cercles, réduit l'anxiété de 34% et serait bon aussi pour la concentration. "Cette pratique solliciterait la région impliquée dans la créativité et le contrôle de nos gestes:le cortex préfrontal. Or cette aire, à l'avant du cerveau, régule les circuits neuronaux du stress(amygdale, hippocampe...)"